Pour les voyageurs, c'est une période à la fois intéressante et difficile. Intéressante car le ramadan rythme la vie de millions de personnes avec une précision impressionnante. La journée du jeûneur commence tôt, lorsque le mesaharati passe dans les rues pour annoncer qu'il faut se dépêcher de manger avant que le soleil n'apparaisse. Puis le jeûneur peut se recoucher pour se lever un peu plus tard que d'habitude. Entre 14 h et 16 h, c'est l'affolement général. Il faut rentrer chez soi le plus vite possible. Quelques minutes avant la rupture du jeûne, les retardataires foncent à toute allure et il devient dangereux d'être piéton à cette heure-là. Puis retentit le tant attendu signal, donné par toutes les mosquées. Au Caire, un coup de canon est tiré depuis la citadelle pour annoncer le début de l'iftar (littéralement le petit déjeuner). Pour les plus démunis ou ceux qui ne peuvent pas rentrer chez eux, de grandes tables sont dressées dans la rue. Car le ramadan est avant tout une période de générosité et de partage, durant laquelle tous les musulmans vivent l'espace de quelques heures ce que les pauvres endurent toute l'année.

Pendant l'iftar, tout s'arrête : les rues sont désertes, les bus publics stationnent sur les bas-côtés, tous les magasins sont fermés. Routards, sachez que :

- les magasins ferment, en général, de 15 h à 19 h ; - les banques et administrations ne commencent pas avant 10 h pour terminer vers 13 h ; - les musées ferment vers 15 h et la plupart ne rouvrent pas le soir ; - les kiosques à Coca au coin des rues, les petits restos à foul ou kocheri prennent leurs vacances annuelles pendant ce mois-là (c'est quasiment du chômage technique) ; - dans les villages ou oasis, il est parfois difficile de déjeuner ; alors, soyez prévoyants.